Soumis par Astrid le

« Demandeur d’emploi » est sans doute l’une des appellations administratives les plus trompeuses de notre époque : elle sous-entend une forme d’attente et de passivité, alors que l’on parle d’une quête passionnante, tournée autant vers l’intérieur que vers l’extérieur. On serait donc plutôt « chercheur d’emploi », autant pour la connotation scientifique de cette expression, car cela nécessite technique, rigueur et organisation, que pour la connotation aventurière, car trouver le bon job passe par une exploration minutieuse de sa personnalité et de ses envies, comme des méandres infinis du marché du travail. Allez, on vous emmène !

« Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire ! »

Il y a quelque chose de magique de vivre à une époque où la variété des métiers semble infinie, mais cela peut aussi donner le tournis. Une bonne recherche d’emploi ne peut vraiment démarrer efficacement que le jour où on sait ce qu’on a vraiment envie de faire. Si ce n’est pas un premier emploi, on peut même éventuellement commencer par définir ce qu’on n’a surtout pas envie de (re)faire !

Bien entendu dans le cadre d’une urgence, la recherche d’un emploi « alimentaire » s’affranchira de cette étape, mais il faut toujours se méfier des boulots provisoires qui peuvent parfois durer des années : si votre situation le permet, prendre ce temps de départ n’est pas un luxe. Répondre à des annonces au bout de deux jours sans emploi ne semble vraiment pas être une bonne idée.

Les méthodes pour définir ses envies sont nombreuses et libre à chacun de s’inventer la sienne. On peut par exemple lister sur une série de petites cartes ses compétences, puis sur une autre ses domaines de prédilection et enfin sur une troisième ses envies et ses valeurs. Tirer régulièrement au hasard une carte de chaque cas et réfléchir aux combinaisons de trois obtenues peut déjà orienter ses premières réflexions et donner des idées.

Faire des petites « enquêtes métier » auprès de ses réseaux personnel, familial et professionnel reste aussi une excellente idée : réaliser après toutes ces années que sa belle-sœur a en fait un métier passionnant qui pourrait nous correspondre n’est pas un exemple rare. Chronophage certes, mais on le rappelle : la recherche d’emploi est un job à plein temps.

Il y a également ce qu’on n’a pas ou plus envie de faire. Il faut être lucide, honnête et juste avec soi-même, ne pas se mentir. C’est le moment idéal pour rayer de la liste des tâches, des missions, des contextes, des entreprises qu’on ne souhaite pas croiser à nouveau. Faire l’inventaire de tous ces éléments permettra de gagner du temps, de l’énergie, de capitaliser de la confiance puisqu’on sera porté exclusivement par des ondes positives et motivantes.

Postuler là où on ne nous attend pas forcément

Attention : même si une trop grande indécision est un frein classique à une recherche d’emploi efficace, à l’inverse une trop grande certitude peut conduire à une impasse. Il convient à chaque chercheur d’emploi d’apprendre à bien positionner son curseur entre ces deux extrêmes.

Bien sûr le choix de formation initiale risque de peser dans la balance dans les pistes de recherche, mais non seulement la réorientation reste toujours une option, et de plus les « soft skills » ou les engagements citoyens sont de plus en plus pris en compte : le candidat vient d’un tout autre secteur, mais ses compétences et son savoir-être peuvent être transposables à un poste auquel il n’aurait pas du tout pensé au départ. On le convoque à un entretien pour ce qu’il est et pourrait apprendre à faire, pas forcément pour ce qu’il sait déjà faire.

Par ailleurs, un parcours - et donc le CV qui va avec - est rarement monolithique : un recruteur va souvent y voir ce qu’il a envie d’y voir car cela correspond à ce qu’il recherche. Bref, il serait dommage de se limiter dans ses possibilités de recherche.

Travailler où et pour qui ?

« Ah tiens, elle a l’air bien cette annonce... C’est où ? A Lille, ah ok, c’est parti ! » La mobilité permanente ça ne se prend pas à la légère : est-on sérieusement prêt à déménager demain à 600 km de sa ville actuelle ? Qu’y perdrait-on vraiment ? Un déménagement coûte de l’argent, trouver un logement sur place est-il aisé ? La ville est-elle attractive ? Pourrais-je rebondir si je quitte ce nouvel emploi dans 3 ou 4 ans ? Quid du projet professionnel de mon (ma) conjoint(e) ? Autant de questions essentielles.

Sans parler de déménager, postuler à un emploi à 50 ou 60 km de chez soi n’est pas non plus sans conséquences : dépenses de déplacement (pas la peine de se lancer sur une recherche où le trajet quotidien va coûter 1/4 du salaire... ou alors il faut négocier des indemnités), temps de déplacement, fatigue, contraintes conjugales/familiales. Tout doit être calculé et pesé précisément de ce côté-là dès le départ des recherches, et tranché. Sinon, la perte de temps (ou le divorce) vous guette.

La taille et l’image de l’entreprise sont également des critères à prendre en compte. Il faut s’imaginer dans un petit bureau avec deux collègues toute la journée toute l’année. Puis dans un open-space avec 40 personnes. Ou toujours en déplacement ou en télétravail ou en home-office... La capacité de simulation et d’anticipation sera un plus lors de cette phase de réflexion préalable aux candidatures. « Connais-toi toi-même » disait Socrate : il est grand temps de s’y atteler pour de bon.

Enfin, les sites d’entreprise et leurs éventuels réseaux sociaux, le web, sont une bonne base de sélection. On peut y trouver des employés en situation (dress-code, attitudes, environnement…), des évènements corporate (séminaires, afterworks, team-buildings) qui en disent long sur l’ambiance. Si on peut avoir des infos par d’autres biais c’est évidemment précieux. A prendre toujours avec du recul bien entendu : un seul témoignage négatif ne doit pas éloigner définitivement un candidat d’une entreprise qui semble répondre à plusieurs de ses critères. Il ne faut au passage jamais négliger ses anciens employeurs : si cela s’est bien terminé, pourquoi ne pas aller taper à la porte pour voir s’ils auraient un poste intéressant. Un nombre très important d’entreprises embauchent des personnes qu’elle connaît déjà, directement ou indirectement...

Et le salaire dans tout ça ?

Avec des pénuries de candidats sur de nombreux postes (le contexte Covid n’y a rien changé), le marché du travail français évolue vers une plus grande transparence côté rémunération. Depuis longtemps, la culture française cultive le tabou du salaire et la première conséquence est l’absence d’information sur celui-ci dans les offres d’emploi. Si on est encore aujourd’hui plutôt dans cet état d’esprit, les choses changent car beaucoup d’entreprises se sont rendu compte qu’en mettant une fourchette de salaire, voire un salaire précis sur une offre d’emploi, elles obtenaient plus de réponses et surtout plus de réponses dans la cible. CQFD.

Du coup, du côté candidat, le gain de temps est considérable : il est désormais possible de privilégier ces annonces. Pour les autres annonces et les candidatures spontanées, le mystère reste évidemment entier, d’où l’intérêt avant de lancer sa recherche, de déterminer soi-même sa fourchette, en se renseignant sur les salaires moyens des postes auxquels on candidate d’une part, et en faisant un point sur son niveau de vie d’autre part. La question « combien il me faut pour vivre correctement aujourd’hui, avec ce logement, dans cet environnement, mes activités, mes goûts, mes envies ? » doit rester le B.A.BA.

Cette position de chercheur d’emploi est aussi un moyen et le moment idéal de faire un point sur sa qualité de vie et de choisir entre chercher un emploi peut-être stressant et prenant mais bien rémunéré, et quelque chose d’un peu moins stimulant et valorisant, et moins bien payé, mais qui permettra d’avoir plus de temps et d’énergie pour d’autres activités personnelles. Ou chercher à privilégier l’environnement (maison avec jardin ou appartement avec terrasse…).

En route pour l’aventure !

Une fois les destinations choisies, voici venu le moment de choisir son bateau et son matériel. Les réseaux physiques, qu’ils soient formels ou informels, demeurent absolument essentiels : s’imaginer une seconde que 100 % de la recherche va se passer en dématérialisé, en virtuel, serait une grave erreur. La recherche d’infos fraîches et bien sourcées, ainsi que le « personal branding » ne peuvent s’affranchir d’un travail de terrain aussi intensif que millimétré : inaugurations, réunions thématiques, conférences, rencontres, salons... (dans le respect des mesures barrières) tout ce qui touche de près ou de loin le monde de l’entreprise dans votre ville (ou la ville ciblée) ne doit plus avoir de secret pour vous. Et inversement : on doit vous voir partout.

Chacune de ces sorties peut donner lieu à un petit compte-rendu le lendemain ou le soir-même : personnes rencontrées, infos glanées, pistes à suivre, cartes de visite ou cv distribués, cartes de visite ramassées...

Pitchez à l’écrit et à l’oral

L’option mini-cv sur une carte de visite peut s’avérer très utile dans toutes ces rencontres informelles : il évite la lourdeur du CV à la fois dur à transporter dans certains contextes et pas évident à sortir sans attirer trop l’attention et paraître un peu décalé parfois, sans parler de mettre votre interlocuteur dans l’embarras (au sens propre) car à part le plier en quatre pour le glisser dans la poche de sa veste il ne pourra rien en faire.

Une carte de visite classique au recto et un résumé de votre CV au verso : exercice intéressant car vous devrez résumer vos compétences, votre parcours, vos envies... en quelques mots. L’esprit de synthèse : une valeur plus que jamais appréciée dans beaucoup d’emplois !

Bien entendu lors de ces rencontres il va falloir aussi vous « vendre » efficacement en quelques phrases. Un pitch type que vous pouvez vous concocter à la maison en vidéo avant de sortir dans le monde réel : n’hésitez pas à travailler ce point pendant des heures et à préparer plusieurs versions selon le type d’interlocuteur. Entraînement d’autant plus utile qu’il y a de fortes chances pour que vous subissiez des tests et des entretiens en visio, grande tendance du moment. Tics de langage, de gestuelle, débit, intonation : voilà des points sur lesquels il faut savoir se juger pour s’améliorer. Il ne faut surtout pas hésiter à solliciter ses proches ou son miroir pour des simulations et des exercices à blanc.

Pour le pitch lors de rencontres informelles, ne dépassez pas 30 ou 40 secondes. Si votre interlocuteur commence à regarder ailleurs c’est sans doute que vous aurez été trop long.

Jobboards : restez concentrés !

Outil incontournable de notre époque, le jobboard vous offre non seulement une visibilité unique, mais aussi un accès à des annonces ciblées, voire ultra-ciblées. Une fois qu’on y a goûté, on se demande comment les gens faisaient, avant, pour chercher du travail ! Le risque : s’inscrire sur trop de jobboard et ne plus savoir où donner de la tête. Là encore, il faut prendre du temps au début de votre recherche pour éviter d’en perdre après : regarder comment ils fonctionnement, se promener bien partout sur chacun et faire un vrai choix motivé au final. Parmi les généralistes et les spécialisés, le choix devra s’avérer pertinent et maitrisé : inconcevable d’être appelé par un recruteur et de ne plus faire le lien avec l’annonce et le poste pour lequel il vous joint.

Idem pour les réseaux sociaux (LinkedIn est incontournable en France) mais attention à ne pas disparaître dans des journées entières de remplissage de formulaires, de mises à jour, de consultations d’annonces, de fil d’actualité, de publications, sur des dizaines de site différents. Prudence aussi sur les mises en relation : ne faites pas différemment de la « vraie vie ». On ne parle pas aux inconnus sauf s’ils vous intéressent et on aborde les gens avec déférence.

Enfin, vous pouvez vous concocter quelques alertes Google avec des mots-clés bien précis et mûrement sélectionnés, pour ne pas être noyé non plus.

« Welcome to the jungle » n’est pas que le nom original et facétieux d’un de ces fameux sites dédiés à l’emploi, au recrutement ou à la vie en entreprise, c’est aussi une réalité : dans la jungle, comme dans la recherche d’emploi, la vie n’est pas toujours facile, mais surtout on peut vite s’y perdre et tourner en rond. Voilà pourquoi il faut être bien organisé et savoir où l’on va avant d’y pénétrer !

Gilles ROGER - Dirigeant de SOURCE Recrutement

Un article à retrouver et lire également sur le LinkedIn de Gilles ROGER.

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